Lettre à Manu : mon bad boy du devis

Avr 19, 2019

Salut Manu,

Comment vas-tu depuis le temps ?

J’avoue : je te faisais un peu la tête. À force de ne jamais me répondre, ça a fini par m’agacer. Et puis je me suis demandé si notre amitié pouvait aller bien loin. Je me demandais si réellement nous avions des points communs. Ton côté garçon sage avec ta coupe de premier de la classe, tes costumes stricts, tes discours didactiques, ça a fini par m’ennuyer.

Mais lundi soir, j’ai compris que je m’étais monté le bourrichon toute seule. Tu m’as à nouveau émoustillé. Enfin, tu as osé montrer ton côté bad boy ! Ni une, ni deux, tu as balancé une belle excuse pour ne pas devoir te cogner un truc que tu n’avais pas du tout envie de faire. Je t’admire tellement. J’aurais tellement voulu avoir ce côté grunge qui frôle l’antisocial.

Tu vois, moi pendant 15 ans j’ai donné des conférences. Pendant 15 ans, je me suis mis la rate au court-bouillon tellement ça me stressait de me livrer à cet exercice oratoire. Pendant 15 ans, j’ai cherché l’excuse imparable pour pouvoir me défiler au dernier moment. Je pensais avoir tout imaginé comme gros bobard :

  • je peux pas mon chat est mort
  • je peux pas j’ai une angine
  • je peux pas ma voiture est en panne
  • je peux pas mon garage est inondé
  • je peux pas la route vient à l’instant de s’effondrer
  • je peux pas je dois aller porter un petit pot de beurre à ma mère-grand
  • je peux pas je dois partir sur-le-champ en mission humanitaire pour recenser les vers de terre après un tremblement de terre dans une île inconnue

Malgré la solidité de chacune de ces excuses, jamais je n’ai osé me défiler face à mon engagement.

Lundi malgré l’arsenal des chargés de communication qui ont affûté ton discours, tu savais que tu allais droit dans le mur avec cette tentative de réponse au Grand Débat National. Toi aussi, tu avais les boyaux tout retourner en pensant aux conneries que tu allais devoir débiter pendant une heure face à un auditoire qui, de toute façon, quoi que tu dises quoi que tu fasses, a envie de te faire la peau.

Mais, toi Manu, tu es un rebelle. Toi Manu, tu es un courageux. Toi, Manu tu sais prendre soin de toi. Alors au lieu d’aller te pourrir le soirée avec cette allocution, tu as pris ton courage à deux mains pour te préserver. Tu as balancé l’excuse la plus dingue :

« Je peux pas, j’ai cathédrale qui brûle »

Franchement, sur le coup, je ne pensais pas que ça allait passer. J’imaginais déjà Jean-Pierre Pernaud venir te chercher par l’oreille. Mais que nenni. Tout le monde a trouvé cela incroyablement digne. Chapeau !

Mais Manu ce qui m’excite encore plus, ce qui me donne envie de faire des trucs que même les sex shops n’ont pas encore imaginés, c’est la rapidité avec laquelle tu mets en œuvre tes actions. Oh Manu… si Brigitte n’était pas là, je te dirais… Manu…

En moins de 24 heures tu as réussi à avoir un devis et un calendrier pour reconstruire la bicoque catho. Tu dis « je veux une nouvelle cathédrale ». Et, en même pas une nuit, tu as un budget prévisionnel et une date de fin de chantier.

Manu, sache que je suis prête à absolument tout pour que tu me fasses ça. Parce que moi, ça fait un an que je me cogne des artisans dans l’espoir d’avoir un devis pour ma cuisine. Et rien ! Alors Manu, je te le demande comme une preuve d’amitié. Manu, s’il te plait, peux-tu passer un coup de file à une boite pour que je puisse avoir ma cuisine avant l’été ?

Je t’embrasse délicieusement,

Anne-Lise

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Voilà plus de 15 ans que j’écris des histoires plus ou moins proches d’anecdotes personnelles vécues. Avec les mots, je transforme un quotidien somme toute très ordinaire en épopée digne des plus grands chevaliers.

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