Lettre à Marlène : l’égalité… oui mais moi d’abord!

Sep 11, 2019

Salut Marlène,

Comment vas-tu ? Pas trop crevée par tes fonctions de secrétaire d’Etat à l’égalité femme-homme ?

Tu as l’air d’avoir pas mal de taf… Mais c’est pour notre bien à toutes ! Et quelle reconnaissance cette cause as eu lors du G7 !

Heureusement qu’il y a des femmes engagées pour nous défendre. Parce que moi, j’ai la tête dans le guidon et je sais que parfois je manque un peu de hauteur sur certaines questions de société.

A ce propos, une intervention d’une association de femmes engagées dans le business lyonnais m’a permis de me poser les bonnes questions quant à l’égalité femme-homme. Il y a quelques mois, j’étais dans une soirée d’une fédération d’entreprises. Cette fédération avait invité cette association. Elle avait alors pu se présenter devant une assemblée composée d’hommes et de femmes chefs d’entreprise.

La représentante de l’association nous a expliqué qu’il était important qu’il y ait des lieux exclusivement réservés aux femmes, car nous, les femmes, nous partageons les mêmes valeurs et les mêmes préoccupations. Et nous, les femmes, nous avons besoin de nous retrouver sans hommes. En effet, lorsqu’il y a des hommes, nous ne pouvons pas parler librement.

J’avais tellement envie d’en savoir plus sur les valeurs que je n’avais pas en commun avec les hommes. Mais malheureusement, ce soir-là, il ne m’a pas été donné la possibilité de pouvoir publiquement poser la question à cette association qui devait, sans aucun doute,  avoir si durement réfléchi à cette question.

Cette intervention m’a pas mal tracassée. Alors je suis allée interroger un ami chef d’entreprise. Ensemble nous avons vraiment essayé de chercher les valeurs que nous ne partagions pas. Nous n’avons pas malheureusement pas encore trouvé… mais c’est sûr ! il doit y en avoir, puisque certaines associations féministes l’affirment.

Je lui ai aussi demandé si parfois il avait l’impression que je ne pouvais pas dire tout ce que j’ai envie dans des réunions mixtes. Il m’a dit non. Il m’a dit aussi que parfois il aurait bien aimé que j’arrête de la ramener.

Génial ! Nous étions sur une piste ! Cet ami chef d’entreprise a donc déjà rêvé de me faire taire à cause de ma condition biologique de femme ! Pour vérifier cette piste, je lui ai proposé de prendre mon calendrier d’ovulation et celui des réunions que nous avions fait ensemble. L’objectif est de voir si dans certaines phases de mon cycle hormonal,  j’étais chiante. Dans ce cas, ma condition biologique me rendrait tellement insupportable que les hommes ne pourraient avoir d’autres choix que de limiter ma liberté de parole. Là il m’a répondu : « arrête de me faire chier avec ces conneries de féministe à deux balles. Tu es chiante en permanence. Ce n’est dû ni à tes nichons ni à tes ovaires. »

Dans cette lutte pour l’égalité femme-homme, il y a une notion que j’adore et qui est venue sur le devant de la scène médiatique grâce à toi : le plafond de verre. Pendant des années au sein de ton association « Maman travaille » tu as fait connaître le plafond de verre et tu as milité pour qu’il explose. De multiples facteurs dans notre société font que les femmes n’accèdent pas aux postes les plus hauts. Parmi ceux-ci il y a notamment le langage. Beaucoup d’éléments de discours laissent à penser que les femmes n’ont pas le droit d’accéder aux plus hautes fonctions. Je pense que tu vois de quoi je parle et que tu n’as pas manqué de lire ou d’écouter mon podcast à propos de la féminisation des mots.

En revanche, ce que j’ignorais à propos de ce concept, c’est que cette notion de plafond de verre s’applique strictement aux femmes bien portantes. Pour les personnes en situation de handicap (ou présumé par les médias en situation de handicap), il semble possible de dire à leur sujet tout et n’importe quoi sans que ça entrave leur parcours. Tu as en effet très bien illustré ceci en commentant ce qui se passe à Paris et à Lyon dans la course à la mairie :

Dans des messages Telegram transmis par Marlène Schiappa à des soutiens de Benjamin Griveaux, le ton semble beaucoup moins fraternel : « Villani a lu un texte dans un bar, avec un ton et des grimaces assez peu rassurantes. (…) C’est à peine moins gênant que si Greta Thunberg était candidate à la métropole de Lyon » (extrait d’un article du Point)

Et je suis certaine que Greta Thunberg et Cédric Villani sauront te donner raison. Quelles que soient les âneries que tu puisses dire à leur sujet, ils sauront faire la sourde oreille pour continuer son action afin d’améliorer la vie quotidienne de tous. Une attitude exemplaire qui ouvre véritablement le chemin à tous — quel que soit leur genre, leur origine sociale, culturelle et même leur orientation sexuelle — pour aller au bout de leurs rêves.

Merci pour tout ce que tu fais pour, nous, les femmes !

Bises

Anne-Lise

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Voilà plus de 15 ans que j’écris des histoires plus ou moins proches d’anecdotes personnelles vécues. Avec les mots, je transforme un quotidien somme toute très ordinaire en épopée digne des plus grands chevaliers.

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