#févrierécrit : slow fashion victime

Fév 8, 2023

Quand la vague de la slow food est apparue, j’ai immédiatement adhéré au concept. Des blondes californiennes adeptes du yoga nous disaient que c’était hyper cool de manger des fruits et légumes de saisons. Et moi, j’aime être cool autant que j’aurai aimé être blonde californienne adepte du yoga.

Avec le recul, et en étant seulement brune-violine et adepte de mes trois kilomètres de marche par jour sinon j’ai le dos qui se bloque, je me demande si cette histoire de slow food, ce n’était pas un peu de la connerie. Parce que manger des fruits et des légumes de saison, c’est peu ou prou ce que j’ai toujours fait.

Dans la même mouvance a pointé son nez la slow fashion. J’ai adhéré, mais un peu moins. Quel kiffe de sortir d’un magasin avec des tonnes de vêtements pour moins de 100 balles!

Ma slow fashion se restreignait alors à utiliser des cotons lavables. (De toute façon, les cotons jetables ça me grattait)

Lorsque Sophie-du-5-mai a lancé sa marque, nous avons pas mal échangé sur ses axes de com. J’ai fait des recherches sur l’industrie du textile. Selon Oxfam France :

  • 100 milliards de vêtements sont achetés chaque année dans le monde.
  • Chaque français achète 9,2 kg de textile et chaussure par an.
  • 75 millions de personnes dans le monde travaillent dans le secteur de la mode.
  • Au Bangladesh, 15% des enfants de 6 à 14 ans issus des bidonvilles travaillent 64 heures par semaines pour 30 euros par mois.
  • En Asie, les ouvrières de l’habillement passent en moyenne 12 heures par jour. Ces ouvrières touchent 0,6% du prix du produit. Ce salaire est en dessous du seuil de pauvreté. Aucune sécurité de l’emploi, aucune protection sociale n’existent pour elles.

Depuis, je ne peux plus m’acheter un tee-shirt sans avoir l’impression d’être moi-même allée chercher un gamin Ouïgour pour l’enfermer dans une cave et le fouetter afin qu’il me couse mon haut.

Toute pièce de textile que j’achète fait donc l’objet d’une intense réflexion mêlée d’une très forte culpabilité.

Des pièces échappent à tous ces sentiments : mes culottes. En effet, j’ai trouvé une marque qui les produit au Portugal. Ce n’est pas pour autant que je me laisse aller à la luxure. Pour ne pas épuiser les ressources de la planète, j’en achète que le nombre nécessaire : 7.

Là je vous entends m’applaudir, je vous vois en train de demander des devis pour faire ériger une statut à ma gloire.

Ranger vos mains dans vos poches et laisser tomber vos recherches d’artisan.

Au moment de faire ma valise pour les vacances, j’ai eu un doute.

Acheter 7 culottes ne serait-ce pas con ? 

Parce que 7 culottes en tout et pour tout, ça veut dire 3 dans le bac de linge sale et 4 à mettre dans ma valise. 4 culottes pour 7 jours à la montagne, ça veut dire :

  • soit je les retourne (beurk, beurk, beurk, beurk)
  • soit je vais les laver le soir dans la neige pour ne pas avoir recours à la vilaine électricité produite par les centrales nucléaires

Alors ? Que me conseillez vous ?

Anne-Lise

6 Commentaires

  1. Lol ! Un vrai dilemme…
    La réponse :
    – Un jour avec et un jour sans…????
    – Laver à la main (mais sous la douche ou dans l’évier…la neige c’est cro froid…brrr…)
    – Demander des culottes « éthique » au père noël 😉

    Réponse
    • et depuis que j’ai écrit l’article, j’en ai deux qui se sont trouées! Je crois que je vais laisser tomber l’éthique…

      Réponse
  2. Des strings ? Moins de tissu à laver

    Réponse
    • Ni string! Ni tong! Je suis sensible…

      Réponse
  3. Ne pars pas à la montagne ou prévois un stock de dix culottes !

    Réponse
    • et si je continuais de partir à la montagne…MAIS, en camp de naturiste?

      Réponse

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Voilà plus de 15 ans que j’écris des histoires plus ou moins proches d’anecdotes personnelles vécues. Avec les mots, je transforme un quotidien somme toute très ordinaire en épopée digne des plus grands chevaliers.

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