Le mensonge en BTS culture générale : une séance pour le thème « Le vrai du faux »

Mai 13, 2026

Le thème « Le vrai du faux » du programme BTS 2027 ouvre de nombreuses portes. Parmi elles, le mensonge est sans doute l’une des plus fertiles — et l’une des plus complexes à traiter en classe. Comment éviter le cours de morale ? Comment amener des étudiants de BTS à réfléchir sérieusement à quelque chose qu’ils croient déjà connaître ?

Cette séance de deux heures propose une réponse concrète : aborder le mensonge non pas comme une faute à condamner, mais comme un objet culturel à analyser. La question de départ — Dans quelle mesure le mensonge peut-il être considéré comme une forme d’art ? — est volontairement déstabilisante. Elle oblige les étudiants à suspendre leur jugement moral, à mobiliser des références, à construire une position nuancée. Exactement ce qu’on attend d’eux à l’épreuve écrite du BTS culture générale et expression.

Les objectifs pédagogiques de la séance

Cette séance sur le mensonge en BTS culture générale poursuit trois objectifs précis, directement alignés sur les attendus du Bulletin officiel session 2027.

Identifier les différentes formes que peut prendre le mensonge : manipulation, imposture, construction identitaire, fiction revendiquée. Le mensonge n’est pas monolithique — et c’est précisément cette diversité qui nourrit la réflexion.

Analyser la fonction du mensonge dans une œuvre ou un fait culturel : à quoi sert-il ? Qui en bénéficie ? Qui en pâtit ? Ces questions simples suffisent à ouvrir des perspectives inattendues.

Amorcer la problématisation en mobilisant les références travaillées en classe. La séance est conçue comme un tremplin vers l’écriture, pas comme une fin en soi.

Cinq références culturelles grand public pour travailler le mensonge

Le corpus est volontairement écarté des références trop scolaires. Cinq supports différents, cinq fonctions du mensonge, immédiatement lisibles pour des étudiants de BTS.

Molière, Le Tartuffe (1664) ouvre le corpus côté théâtre. Tartuffe est l’imposteur absolu : faux dévot, manipulateur virtuose, il joue un rôle à la perfection jusqu’à ce que le masque tombe. Ce qui intéresse ici, c’est moins la condamnation morale que la performance — Tartuffe est presque admirable dans son art du mensonge.

L’affaire Christophe Rocancourt ancre la réflexion dans le réel. Ce Français sans diplôme ni fortune s’est fait passer pour un membre de la famille Rockefeller dans les cercles huppés de Hollywood dans les années 1990. Son histoire fonctionne comme un fait divers romanesque : elle révèle les failles de ceux qui croient autant que le talent de celui qui invente.

Spielberg, Arrête-moi si tu peux (2002) pose la question de l’identité. Frank Abagnale se fait passer successivement pour pilote, médecin, avocat — avant ses 21 ans. Le mensonge n’est plus seulement un outil de survie : il devient une façon d’exister. À quel moment le masque devient-il le visage ?

Le Bureau des légendes, saison 1 (2015) pousse cette question à son terme. Un agent secret incapable de revenir à sa vraie vie après six ans de fausse identité : le mensonge professionnel a colonisé l’identité intime. La série traite ce vertige avec une acuité rare.

Frida Kahlo et ses autoportraits ferment le corpus côté arts plastiques. Une vie réinventée sur la toile : douleurs sublimées en symboles, origines amplifiées, corps transformé en territoire mythologique. Ici, le mensonge est consenti, revendiqué — et c’est précisément ce qui en fait de l’art.

Le déroulé complet de la séance (2 heures)

Ouverture (10 min)

La séance commence par une citation projetée sans commentaire : L’art est un mensonge qui dit la vérité (Picasso). Les étudiants réagissent librement. L’objectif n’est pas de trancher — c’est de faire émerger la tension centrale que toute la séance va explorer.

Étape 1 — Cartographier le mensonge (20 min)

En binômes, les étudiants reçoivent une fiche référence : un texte narratif court présentant l’œuvre ou le fait culturel, suivi de trois cases vides à compléter — Qui ment ? / À qui ? / Dans quel but ? Les réponses ne figurent pas sur la fiche : les étudiants doivent les déduire par eux-mêmes. Puis mise en commun au tableau, grille collective construite en classe.

Étape 2 — Classer les formes du mensonge (25 min)

Cours dialogué autour de trois grandes catégories qui émergent naturellement de la grille : le mensonge-manipulation (Tartuffe, Rocancourt), le mensonge-imposture (Abagnale, Bureau des légendes), le mensonge-création (Kahlo). La notion clé qui apparaît progressivement : le consentement. Ce qui distingue l’art de la manipulation, c’est que le spectateur sait qu’il est dans le faux — et y consent.

Étape 3 — Le débat (20 min)

Une question posée à la classe : Tartuffe et Frida Kahlo mentent tous les deux. Pourquoi condamne-t-on l’un et admire-t-on l’autre ? Deux équipes, cinq minutes de préparation, échange guidé. L’objectif est de faire émerger la nuance, pas de trancher.

Étape 4 — Vers la problématique BTS (20 min)

Dix minutes d’écriture individuelle : une ébauche de réponse personnelle à la question de séance. Puis construction collective d’une problématique rédigée au tableau : si le mensonge est condamnable quand il manipule à l’insu de sa victime, il devient art dès lors qu’il est consenti et qu’il vise, par le détour du faux, à dire quelque chose de vrai.

Clôture (5 min)

Retour sur la citation de Picasso. Un étudiant a le dernier mot.

Ressources téléchargeables

📄 Les 5 fiches références — contexte narratif et cases vides à compléter en binôme.📄

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Anne-Lise

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