La littérature jeunesse au secours de l’écriture marketing

Voilà bientôt deux ans que j’interviens dans une école de communication auprès d’étudiants en bac +2. Il m’a été confié un cours intitulé « Production de contenu textuel ». Comme dans n’importe quelle formation, je dois réconcilier ces étudiants avec l’écriture. Mais je dois aussi faire en sorte qu’ils comprennent les enjeux de l’écriture marketing et en maitrisent les codes.

Les problèmes d’écriture des étudiants

Concernant le rapport émotionnel à l’écriture, rien de neuf sous le soleil. La majorité n’aime pas écrire.

Au niveau de l’orthographe, dans l’ensemble, ça roule à peu près. L’école a mis en place une pédagogie de la terreur. Les profs ont le droit d’enlever au maximum 5 points sur une note s’ils jugent l’orthographe incorrecte.

Pour ces étudiants, les principales difficultés se situent au niveau :

  • du style : le vocabulaire est peu diversifié ; les textes sont plats.
  • de la ponctuation : environ un quart des étudiants ne maitrisent pas l’utilisation du point et de la virgule. C’est comme s’ils n’avaient absolument aucune conscience du rythme de l’écriture. Les mots écrits ne leur parlent pas, ne leur provoquent rien.

Je ne reviendrai pas dans cet article sur les causes de ces difficultés. Les plus courageux d’entre vous pourront lire ma thèse ou ma dernière présentation dans un colloque international.

Développer leurs capacités de rédaction par des chemins de traverse

Il y a environ 18 mois, alors que je lisais avec Petit Bouchut un des tomes du Journal de Gurty, je me suis dit qu’il fallait absolument que mes étudiants le lisent. J’avais l’intuition que ce texte pouvait leur apporter quelque chose. À ce moment-là, c’était juste un pressentiment. Je n’avais aucune certitude de là où je pourrais les emmener avec cet ouvrage destiné, en première intention, à des enfants de 8 ans.

À la même période, Petit Bouchut s’est pris de passion pour les ouvrages de Muriel Szac sur la mythologie grecque. Il a fallu que je les lise tous avec lui. Cette fois-ci le texte est parfait. La mythologie est universelle. La construction syntaxique de Muriel Szac reprend exactement ce que j’attends de mes étudiants : des phrases courtes, écrites au présent et peu de mots de liaison. J’ai donc inclus ses ouvrages dans ma bibliographie.

Pour amener mes étudiants à mettre des couleurs et de la chaleur dans leur texte, je suis passée par les chansons françaises. Ce chemin pédagogique a été facile à trouver. D’une part, il est celui que j’ai pris avec des apprenants en très grande difficulté avec l’écrit. D’autre part, la musique était au cœur de ma première promotion. L’un des étudiants avait une pratique semi-professionnelle. Le sujet de la chanson revenait très souvent sous une forme ou sous une autre dans les cours. Avec cette première promotion d’étudiant, cette approche a cartonné. Les stylos se sont libérés. Leurs textes étaient enfin habités.

Pour ma deuxième promotion, le succès n’a pas été au rendez-vous.

Entrer dans l’écriture par la lecture

Pour pouvoir acquérir la maitrise de la ponctuation et développer son style, il me semble indispensable de lire.

Je raconte souvent dans mes cours ou ateliers que je n’ai jamais vraiment aimé lire. Je nuance ce propos en précisant que les romans n’ont jamais été trop ma tasse de thé. En revanche, depuis que je sais lire, j’adore la presse. Plus tard, je suis tombée en amour pour la lecture de pièces de théâtre. J’ai découvert les romans épistolaires. J’ai bien entendu lu des kilos et des kilos d’essais et de textes scientifiques. Et avec Petit Bouchut et les lectures du soir, j’ai découvert la littérature jeunesse.

S’immerger dans la vivacité de l’écriture des romans jeunesse

Pendant mes vacances de printemps, j’ai enfin pu préciser mon intuition de faire entrer mes étudiants dans l’écriture marketing par la littérature jeunesse.

Au hasard d’une balade, je suis entrée dans la librairie Combo de Roubaix. Les libraires étaient charmants et avaient très envie de discuter. J’ai donc évoqué avec Jeanne le souhait de faire lire de la littérature jeunesse à mes étudiants de 20 ans. Elle a su mettre les mots exacts sur les liens que pouvaient entretenir cette littérature et l’écriture marketing.

« La littérature jeunesse invite à la concision. La langue doit être légère et accessible. Elle est une littérature de l’intensité qui véhicule l’espoir. » Exactement ce que je défends au niveau de l’écriture marketing dans mes cours et sur ce blog.

Je suis donc en train de constituer une bibliographie d’ouvrages jeunesse pour mes étudiants en prenant appui sur tout ce que j’ai déjà lu et sur l’ouvrage de Tom et Nathan Lévêque « En quête d’un grand peut-être. Guide de la littérature ado. »

ça vous dit que je vous la partage dans un prochain article ?

Anne-Lise

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Rédactrice et consultante en stratégie éditoriale, je fais émerger l'identité des entreprises. Je la mets en mots pour assoir leur notoriété et les positionner de manière stratégique.

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